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Audi poursuit sa transformation en Chine avec un modèle qui n’aura probablement jamais l’occasion de fouler les routes européennes. Baptisé E7X, ce grand SUV électrique vient d’être lancé sur le marché chinois avec une ambition claire : s’attaquer au phénomène Xiaomi YU7, devenu en quelques mois l’un des modèles électriques les plus populaires du pays.
Alors que Xiaomi prépare discrètement son arrivée en Europe à l’horizon 2027, Audi choisit au contraire de renforcer son ancrage local avec une marque spécialement conçue pour les clients chinois. Une stratégie qui illustre parfaitement la nouvelle réalité du marché automobile : même les constructeurs allemands doivent désormais s’adapter aux codes imposés par les géants technologiques chinois.
Un Audi qui n’est pas tout à fait une Audi
Le E7X est commercialisé sous la marque « AUDI », un projet développé conjointement avec SAIC et exclusivement destiné au marché chinois. Si le nom Audi est bien présent, les célèbres quatre anneaux disparaissent au profit d’un simple logo composé des quatre lettres de la marque.


Cette nouvelle identité vise une clientèle plus jeune et plus connectée. Le design du E7X s’éloigne également des codes traditionnels de la marque allemande. Avec ses lignes fluides, son pavillon plongeant et ses proportions imposantes, le SUV affiche des dimensions de 5,05 mètres de long, soit davantage qu’un Audi Q8.
La signature lumineuse constitue l’un de ses principaux éléments distinctifs. À l’avant, un bandeau intégrant 1 446 LED anime différentes séquences d’accueil et de départ, tandis que les phares à projection peuvent afficher directement des informations sur la route, comme des alertes de distance ou des indications liées au stationnement.
Une technologie pensée pour séduire les automobilistes chinois
À bord, Audi a clairement compris les attentes du marché local. L’habitacle est dominé par un immense écran panoramique de 27 pouces complété par une instrumentation numérique de 12,3 pouces. Certaines versions peuvent même remplacer les rétroviseurs traditionnels par des caméras, avec des écrans dédiés installés dans l’habitacle.

Le confort n’a pas été oublié. Les sièges avant proposent chauffage, ventilation et fonction massage, tandis que les passagers arrière disposent d’un écran suspendu de 21,4 pouces et même d’un réfrigérateur intégré. Une version quatre places particulièrement luxueuse est également prévue avec une console centrale imposante et des chargeurs sans fil supplémentaires.


Le SUV embarque par ailleurs un arsenal technologique impressionnant destiné à la conduite assistée. Grâce à une combinaison de caméras, radars, capteurs LiDAR et à une puce Nvidia Orin X, le système promet des fonctions avancées adaptées à la circulation urbaine chinoise, notamment dans les rues étroites ou lors de manœuvres complexes.
Jusqu’à 670 chevaux et plus de 750 km d’autonomie
Sous sa carrosserie, le E7X repose sur une architecture électrique 900 volts, devenue un argument incontournable dans le haut de gamme chinois.

La version d’entrée de gamme développe déjà 402 chevaux grâce à un moteur arrière alimenté par une batterie CATL de 100 kWh. Audi annonce jusqu’à 705 km d’autonomie selon le cycle chinois CLTC.
Les variantes supérieures montent jusqu’à 670 chevaux avec deux moteurs électriques et une transmission intégrale. Dans cette configuration, le SUV accélère de 0 à 100 km/h en seulement 3,9 secondes. La version la plus endurante reçoit quant à elle une batterie de 109 kWh permettant d’atteindre jusqu’à 751 km d’autonomie.
Audi affirme également que le E7X s’est montré plus rapide que le Xiaomi YU7 et le Porsche Macan Electric lors d’essais réalisés sur le circuit Asia’s First Ridge.
Face au Xiaomi YU7, le nouveau roi du marché chinois
Le positionnement du E7X n’a rien d’un hasard. Audi vise directement le Xiaomi YU7, le SUV électrique lancé par le géant chinois de la technologie.
Le YU7 s’est rapidement imposé comme un succès commercial majeur. En Chine, il a dépassé les 39 000 ventes sur le seul mois de décembre 2025, contribuant fortement à la croissance fulgurante de Xiaomi dans l’automobile. Le constructeur a écoulé environ 410 000 véhicules en 2025 et vise désormais 550 000 unités en 2026.
Face à cette montée en puissance, Audi semble avoir compris qu’il ne suffisait plus de s’appuyer sur son image de marque. Avec le E7X, le constructeur allemand répond directement aux attentes des consommateurs chinois en proposant davantage de technologie, de connectivité et des prestations comparables à celles des nouveaux acteurs locaux.
Une bataille qui restera probablement chinoise
Commercialisé à partir de 269 800 yuans, soit environ 34 000 euros, le E7X se positionne dans une fourchette tarifaire très proche de celle du Xiaomi YU7. Audi espère ainsi convaincre les clients qui hésitent entre la réputation d’un constructeur historique et l’image innovante d’un géant de la tech.
Pour l’instant, rien n’indique que le E7X quittera un jour la Chine. Mais son existence montre à quel point le centre de gravité de l’automobile électrique mondiale s’est déplacé. Désormais, même Audi développe des modèles spécifiques pour rivaliser avec Xiaomi sur son propre terrain.