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La domination chinoise dans l’automobile électrique ne cesse de prendre de l’ampleur, mais certains dirigeants commencent désormais à évoquer des scénarios qui auraient semblé irréalistes il y a encore quelques années. C’est le cas de Zhu Jiangming, fondateur et CEO de Leapmotor, qui estime que la Chine pourrait, dans l’hypothèse la plus extrême, concentrer jusqu’à 80 % de la production automobile mondiale.
L’industrie automobile en pleine bascule
Pendant des décennies, l’industrie automobile mondiale a été dominée par l’Europe, les États-Unis et le Japon. Les grandes marques historiques disposaient d’une avance technologique, industrielle et commerciale difficile à remettre en cause.
Mais l’électrification a profondément changé les règles du jeu. Désormais, les avantages compétitifs se situent davantage du côté des batteries, des logiciels, de la maîtrise des chaînes d’approvisionnement et de la rapidité de développement des véhicules.
Sur ces sujets, la Chine possède aujourd’hui plusieurs longueurs d’avance. Le pays représente déjà la majorité du marché mondial des véhicules électriques et hybrides rechargeables, tandis que ses constructeurs bénéficient d’un écosystème particulièrement intégré, allant des matières premières jusqu’aux batteries.
Le dépassement de Tesla par BYD au niveau des ventes mondiales de véhicules électriques a d’ailleurs confirmé une tendance que l’industrie observait depuis plusieurs années : les constructeurs chinois ne cherchent plus simplement à rattraper leurs concurrents occidentaux, ils entendent désormais prendre le leadership.
Leapmotor affiche de très grandes ambitions
Cette vision s’inscrit parfaitement dans la stratégie de Leapmotor. Le constructeur chinois, qui vient récemment de franchir le cap des 1,5 million de véhicules livrés dans le monde, affiche désormais des ambitions mondiales particulièrement élevées.
La marque vise un premier objectif d’un million de véhicules vendus par an dès 2026 avant de viser, à plus long terme, une place parmi les dix premiers constructeurs automobiles mondiaux avec un volume pouvant atteindre quatre millions de véhicules par an au cours de la prochaine décennie.
Pour y parvenir, la Chine ne suffira pas. L’expansion internationale devient désormais indispensable, et l’Europe occupe une place centrale dans cette stratégie.
L’Europe au cœur de la stratégie avec Stellantis
Le partenariat conclu avec Stellantis constitue aujourd’hui le principal levier de développement de Leapmotor hors de Chine. La coentreprise Leapmotor International permet au constructeur d’accélérer son implantation sur le continent européen en s’appuyant sur le réseau commercial et l’expérience industrielle du groupe automobile.
L’Espagne pourrait notamment devenir un élément important de cette stratégie. Produire une partie des véhicules directement en Europe permettrait de réduire les coûts logistiques, de raccourcir les délais de livraison et d’améliorer la compétitivité de la marque sur le marché européen.
Parallèlement, Leapmotor souhaite également renforcer son intégration verticale en produisant jusqu’à 65 % de ses composants en interne. Une approche qui pourrait lui permettre de maîtriser davantage ses coûts et d’accélérer encore le développement de nouveaux modèles.
Un avertissement pour l’industrie européenne
La déclaration de Zhu Jiangming peut paraître provocatrice, mais elle reflète surtout la confiance d’une industrie chinoise qui ne cache plus ses ambitions mondiales.
Pour les constructeurs européens, le message est clair : la bataille de l’automobile électrique ne se joue plus uniquement sur les produits, mais également sur la maîtrise des batteries, des logiciels, des coûts de production et des chaînes d’approvisionnement. Et si l’hypothèse d’une Chine représentant 80 % de la production automobile mondiale semble encore lointaine, le simple fait qu’un dirigeant de constructeur puisse désormais l’évoquer publiquement montre à quel point l’équilibre de l’industrie automobile mondiale est en train de changer.